Le projet de loi de réforme des activités postales sera bientôt discuté à l’Assemblée nationale. Sur ce sujet, il faut arrêter de raconter des histoires aux Français. Il n’est pas un seul responsable public qui ne soit attaché à un service postal de qualité, tout simplement parce que c’est essentiel à la vie des gens.

C’est vrai, le statut de La Poste va changer. C’est vrai, il ne s’agira plus d’un établissement public mais d’une société anonyme.

La gauche voudrait nous faire croire qu’il s’agit là d’une décision politique, destinée à mettre à genoux le service public.

Il est temps de remettre les choses en perspective. La Poste change de statut parce qu’une directive européenne l’impose. Chaque Etat membre doit appliquer la législation communautaire et adopter un cadre juridique en bonne et due forme. On ne peut pas dire d’un côté que l’on respecte l’Europe et de l’autre, fronder contre ses décisions.

Il s’agit d’une dynamique globale, pas d’une offensive idĂ©ologique. Je crois que sur cette question comme sur beaucoup d’autres, il n’y a rien de pire que d’être prisonnier des caricatures partisanes. Au passage, n’est-ce pas sous le Gouvernement de Lionel Jospin que le capital de France TĂ©lĂ©com a Ă©tĂ© ouvert aux investisseurs privĂ©s ? S’agissant de La Poste, les capitaux resteront 100 % publics, c’est un vrai gage de stabilitĂ©.

Au 1er janvier 2011, le secteur postal européen sera totalement ouvert à la concurrence. Pour assurer l’avenir du secteur postal en France, il faut prendre à bras le corps la question de son évolution. Lorsque l’on se réfugie derrières des lignes Maginot, lorsque l’on refuse le changement, on finit par le subir.

C’est justement pour accompagner ce changement que le Parlement lĂ©gifère et veille Ă  ce qu’un certain nombre de garanties soient apportĂ©es. D’abord des garanties pour ceux qui y travaillent, fonctionnaires et contractuels : les mĂŞmes droits, les mĂŞmes avantages, les mĂŞmes statuts. Ensuite des garanties pour tous les usagers : les missions de service public de La Poste seront gravĂ©es dans le marbre de la loi.

Enfin, pour lui donner les moyens de remplir ses objectifs, en terme d’accessibilité, de qualité et de rapidité, l’Etat souscrira une augmentation de capital de 2,7 milliards d’euros. Sans son nouveau statut, elle ne pourrait bénéficier de cet investissement massif.