M. le président. La parole est à M. Louis Cosyns, pour le groupe de l’Union pour un mouvement populaire.

M. Louis Cosyns. Monsieur le ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche, à l'heure où nos concitoyens font leurs courses pour préparer les fêtes de fin d'année, il me faut évoquer le problème des prix des produits alimentaires.

Partout dans le pays, dans tous les rayons de supermarchĂ©, les Français constatent que l'effondrement des prix agricoles n'a entraĂ®nĂ© aucune baisse des prix. Curieusement, les Ă©volutions des marchĂ©s alimentaires sont rĂ©percutĂ©es Ă  sens unique : toujours Ă  la hausse, jamais Ă  la baisse.

Il s'agit d'un problème grave. Les dépenses alimentaires, représentent en effet 17 % du budget des ménages et près de 19 % de celui des ménages modestes. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes. Nous ne pouvons pas laisser filer les marges pour les dépenses incompressibles. Ce serait injuste, inconscient et incompréhensible.

Le 8 dĂ©cembre dernier, l'association UFC Que-Choisir a rendu un rapport qui Ă©pingle, une fois de plus, les pratiques des intermĂ©diaires. Le constat est simple : industriels et distributeurs ne jouent pas le jeu et maintiennent des marges parfois ahurissantes. Selon l'enquĂŞte menĂ©e par l'association dans plus de 1 200 magasins, la baisse des prix de la volaille, du porc et du lait, constatĂ©e par les Ă©leveurs et les producteurs, n'a eu aucun effet sur le prix final, augmentant du mĂŞme coup la marge des distributeurs.

De la mĂŞme façon, entre septembre 2007 et 2009, le prix payĂ© aux producteurs de lait a chutĂ© de 7 % ; cela n'a pas empĂŞchĂ© qu'une brique de lait ait augmentĂ© de plus de 11 % pour le consommateur.

Je ne ferai pas de dĂ©magogie : les marges sont un paramètre naturel et nĂ©cessaire. Ce qui n'est pas acceptable, c'est non seulement le niveau qu'elles peuvent atteindre, mais surtout l'opacitĂ© qui caractĂ©rise le système.

Comment accepter que l'un des maillons d'une chaĂ®ne Ă©conomique n'en respecte pas les lois fondamentales ? Comment accepter que ces maillons intermĂ©diaires mettent en pĂ©ril les deux extrĂ©mitĂ©s de la chaĂ®ne ? Dans cette histoire, les malheurs des uns ne font pas le bonheur des autres.

M. le président. Merci.

M. Louis Cosyns. Puisque mon temps de parole est écoulé, j’en viens à ma question (Protestations sur les bancs du groupe SRC.)

Au vu de cette situation, je souhaite, monsieur le ministre, que vous rappeliez à la représentation nationale les dispositifs mis en place, notamment pour stimuler la concurrence.